Article rédigé par Antoine SENEX

Les détectives privés ont toujours inspiré les écrivains (Balzac, Hugo, Conan Doyle…) et sont aujourd’hui omniprésents dans le cinéma et les séries télévisées. Pour autant, c’est une profession qui regroupe très peu d’acteurs quel que soit le pays. Tentons de dresser un historique de cette profession qui inspire tant.

Le premier détective privé au monde fut français

Deux personnes, contemporaines l’une de l’autre sont présentées, comme étant les tout premiers détective privés au monde :

  1. Eugène-François VIDOCQ (1775- 1837) qui a fondé son agence de détective en 1827
  2. Guy, Louis, Jean, Baptiste DELAVEAU (1787 – 1874) qui aurait fondé son agence en 1830

    Le premier détective privé au monde

    S’il est parfois présenté comme le premier, beaucoup en doute. Attardons-nous tout de même un instant sur son parcours.

    Guy DELAVEAU

    Né quelques années avant la Révolution française, époque très instable politiquement, ils vont connaître les 1ère et 2ème République, la Convention, la Terreur, le Directoire, le Consulat, le Concordat, la naissance du Code civil, l’Empire Napoléonien, la Restauration, la Monarchie de Juillet ainsi que le Second Empire et la Commune de Paris en ce qui concerne Guy DELAVEAU.

    Selon sa biographie publiée par la Société française de l’histoire de la police, qui s’appuie sur les archives de la Préfecture de Police, Guy DELAVEAU fut un haut personnage de l’Etat et de la Nation française.

    Après des études de droit à Paris, il s’installe comme avocat à Angers.
    A partir du 24 juillet 1813, il devient Conseiller auditeur à la cour de Paris puis Conseiller à la cour royale de Paris à compter du 18 septembre 1815 et membre de la Chambre des vacations  en 1820.
    Le 20 décembre 1821, il devient Préfet de police (jusqu’au5 janvier 1828). Parallèlement, il est Conseiller d’Etat en service extraordinaire (de 1823 à 1828).
    Décoré Officier de la Légion d’Honneur en mai 1825, il devient Conseiller d’Etat en service ordinaire le 6 janvier 1828 après avoir quitté la Préfecture de Police et le Conseil d’Etat.

    En disgrâce avec le pouvoir à partir, il est rayé du Conseil d’Etat par une ordonnance de Louis-Philippe Ier en date du 20 août 1830.

    Il se dit qu’il aurait créé son agence de police privée à compter de ce moment là. Aussi, nous ne disposons pas de certitudes à ce sujet et ces faits sont contestés par certains.

    Si l’on en croit les travaux de l’historien agrégé Dominique Kalifa, et son livre Détails sur  Histoire des détectives privés en France, 1832-1942, c’est bien VIDOCQ qui constitue le point de départ.

    Car il est certain que VIDOCQ a créé son agence de détective en 1833.

    Eugène-François VIDOCQ

    Né en 1775 et originaire d’Arras, Vidocq tombe très jeune dans la délinquance. Il semble s’en extirper lorsqu’il s’engage à 17 ans dans l’Armée révolutionnaire et participe aux Batailles de Valmy et de Jemmapes. Mais il finit par déserter et est renvoyé de l’armée en 1793. Il va alors poursuivre une vie de bohème entre Paris et Arras, entre flirts et délinquance.

    Condamné le 27 décembre 1796 à huit ans de travaux forcés pour « faux en écritures publiques et authentiques », il s’enfuit du bagne en Brest. De nouveau arrêté, il s’enfuit cette fois du bagne de Toulon en 1800.

    Cette double évasion spectaculaire lui permet d’acquérir une réputation sans égale dans le milieu criminel et la police. (Une estime et un respect réciproque existait à cette époque entre les grands truands et la police).

    Aussi, il devient un des pontes du milieu en France.

    Il va opérer un tournant dans sa vie en 1809.

L’essor des villes va confronter la police à un nouveau type de délinquance auquel elle a du mal à faire face. Aussi, elle décide de recruter des indicateurs.
Fort de sa notoriété et de sa fine connaissance du milieu, VIDOCQ devient alors indicateur pour la police de Paris et cesse définitivement ses activités illégales.

Cette collaboration est si fructueuse qu’en 1811, il prend la direction de la « brigade de sûreté », service de police composé exclusivement d’anciens condamnés afin d’infiltrer le « milieu ».
Les résultats obtenus par la brigade sont exceptionnels et vont engendrer une grande rivalité avec les services de police traditionnels.

En 1927, après 16 ans passés à la tête de la brigade, il démissionne pour se lancer dans les affaires et écrire ses mémoires.

Ces dernières connaîtront un vrai succès et inspireront Balzac ou Hugo.

Finalement, ce n’est n’en 1833, à l’âge de 58 ans qu’il fonde le « Bureau de renseignements universels dans l’intérêt du commerce » aussi appelé « Bureau de renseignements pour le commerce », premier cabinet de détective privé au monde. Pour le compte d’entreprises, son agence enquête sur des débiteurs, des sociétés, des concurrents ou réalise des veilles économiques.

Ce n’est pas un hasard si ce type de cabinet prend naissance sous la Monarchie de Juillet car ce régime libéralise les échanges commerciaux.

Par ailleurs, des particuliers vont également le solliciter pour diverses recherches.

Il meurt 4 ans plus tard en 1837.

Le détective privé séduit tout de suite l’imaginaire collectif

A la suite de la publication de ses mémoires, VIDOCQ inspirera bon nombre d’écrivains. Victor Hugo et Honoré de Blazac en font partie

Dans le sillon de Vidocq beaucoup d’autres détectives en herbe s’installent et on comptera en 1840 près de 200 agences de détectives privés rien qu’à Paris (source  Histoires des détectives privés en France 1832-1942 de Dominique Kalifa)

Dans un premier temps consigné aux enquêtes commerciales, les détectives privés vont diversifier leurs activités et investir le domaine des successions puis des affaires matrimoniale sous le Second Empire.

Au début du 20ème siècles les services de surveillances et de filature vont se développer.

Il faut noter également que c’est à cette époque que des cabinets de détectives privés proposent des services de gardiennage/ surveillance de bâtiment. Cela explique sans doute le fait que les professionnels du gardiennage/surveillance et les professionnels de l’enquête privée ont été pendant longtemps répertoriés sous le même code statistique alors même que les activités sont très distinctes aujourd’hui. Code NAF commun jusqu’en 2008 : 746Z puis distinction en 2008 : code APE  80.30Z pour l’enquête privée et 80.10Z pour le gardiennage.



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